Polémique sur les mannequins trop maigres
Par Nadine, mercredi 27 septembre 2006 à 15:06 :: Tendances :: #24 :: rss
Je ne pense pas que ce sera un scoop, mais ça me fait plaisir d’en parler.
A Madrid, aux défilés de haute couture de la semaine dernière, 5 mannequins sont restées sur le banc de touche : trop maigres!
Mauvaise influence sur les ados (anorexie). Finalement, à Londres, si on en discute encore, il n'y a pas de restriction de poids en vigueur sur les podiums.
Alors un coup pour rien, un coup de pub un peu hypocrite ou la révolution?
AFP : Lundi 18 septembre (extrait) Mode : Madrid lance le débat sur les mannequins trop maigres Si dans les années 90, des mannequins comme Kate Moss ont fait rêver les femmes, leur extrême minceur est devenue aujourd'hui un cauchemar pour les nutritionnistes
Sur les podiums, la lutte contre l'anorexie s'affirme comme la dernière tendance de la mode. En Espagne, où 1 million de femmes souffriraient de cette maladie, plusieurs mannequins considérées trop maigres ont été exclues de la Passarela Cibeles, le grand rendez-vous de la mode madrilène qui a commencé aujourd'hui. "On a fini par trouver un accord, explique ici ce couturier espagnol. Le but, c'est d'éviter que les images des modèles n'influe d'une façon négative sur les plus jeunes". Ont été recalées les mannequins présentant un indice de masse corporelle, calculé sur la base d'un rapport taille-poids, inférieur à 18 (56 kilos pour 1m75), c'est la limite qu'ont fixées les autorités de Madrid en se fondant sur les critères de l'Oms, la moyenne des femmes allant de 22 à 26. Les autres hauts-lieu de la mode internationale vont-ils suivre l'exemple au nom de la santé publique? L'anorexie est la maladie mentale qui tue le plus de femmes dans le monde, autour de 6-10% des personnes atteintes. Parmi les personnes à risques, les adolescentes, ultra-sensibles à l'image formatée de l'idéal féminin distribuée par les magazines de mode. En Argentine ou dans le sud de l'Espagne, les autorités ont même interdit la vente des vêtements au dessous de la taille 36 pour freiner la maladie. " Vous savez, les vêtements ont plus d'allure sur une fille maigre, et du coup, les gens les achètent, reconnait ce modèle britannique. Mais je pense que la mode s'intéresse plus maintenant aux filles bien en chair. On veut des filles avec de la poitrine, des filles avec des courbes... Les gens ont envie d'allures plus saines". Pour l'instant, Londres, Milan ou Paris affichent leur opposition à un Imc minimum. C'est la pleine saison des défilés, et toutes plus filiformes les unes que les autres, les jeunes mannequins faisant la fortune d'une industrie qui brasse des milliards seront présentes en masse sur les podiums.
Deux jours après les filles répondent :
"Nous sommes minces, pas malades", boudent en coulisses les mannequins de la Pasarela Cibeles à Madrid, qui s'est offerte un coup de pub mondial en excluant les "maigres" pour incitation à l'anorexie.
Armani s'en mêle
S'il préfère les mannequins filiformes, écrit-il, c'est "parce que les vêtements que je dessine et le genre de tissu que j'utilise doivent bien s'accrocher au corps".
"Mais je ne me sens pas responsable", ajoute-t-il, "de la tendance vers des modèles qui ont l'air anorexiques".
Pour Armani, "il y a malheureusement beaucoup de jeunes femmes qui ne se trouvent jamais assez minces. C'est une maladie. (...) Toutes les femmes veulent avoir l'air plus minces qu'elles ne le sont".
Le mannequin britannique Erin O'Connor, écrivant elle dans le Guardian, a jugé en revanche que "les créateurs ont une responsabilité, celle de regarder ce qui se passe, et de s'adapter un peu plus aux personnes".
Le débat a rebondi à Londres, où les organisateurs de la Semaine de la mode ont toutefois choisi de ne pas limiter le poids des mannequins.
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